L'Abbaye cistercienne du RECLUS

 à Talus-Saint-Prix (51)
 

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L’abbaye cistercienne du Reclus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L'Abbaye cistercienne du Reclus

Un trésor méconnu

Où la trouver ?  

L'Abbaye du « Reclus » (xn» siècle), commune de Talus-Saint-Prix (Marne), est située dans la vallée du Perit-Morin : entre les villages de Corfélix et de Talus-Saint-Prix, le long de la route de Monrmirail à Fère-Champenoise à proximité des marais de Saint-Gond, et proche de la route Nationale qui conduit de Sézanne à Épernay.

Des pancartes vous invitent à visiter l'Abbaye. Et vous aurez la surprise d'y trouver, à l'intérieur du bâtiment des moines ; la galerie Est du cloître, la Salle Capitulaire, la Sacristie, le passage, la... prison et le Parloir avec leurs pierres vieilles de 800 ans leurs colonnes et leurs chapiteaux.

Le Monastère (fondé en 1142 par saint Bernard) a conservé, dans cette partie qui subsiste, la sobriété et la beauté de l'architecture « cistercienne », telle qu'elle avait été voulue par son fondateur.

Depuis quelques années, les propriétaires actuels (le Général et Mme du Pontavice) intrigués par l'importance et la beauté de ces vestiges) stimulés par les recherches et les indices accumulés au prix de patients travaux, ont entrepris de dégager méthodiquement, amoureusement, chacun de ces piliers antiques à demi enfouis ou encastrés au cours des âges, afin de retrouver le sol ancien et restaurer l'architecture en son ampleur et sa beauté primitives.

Avant

en cours de travaux

et après les travaux

Déjà, le déblaiement très avancé de certaines parties du bâtiment (il a fallu, parfois, creuser de plus d' 1,50m), -la suppression de cloisons parasitaires-  la  reconstitution  de  colonnettesendommagées, - et la remise en place, une à une, des pierres et chapiteaux-, laissent présager de ce que pourrait offrir, au visiteur émerveillé,   une restauration plus achevée de ce véritable « trésor » méconnu, témoin d'un passé prestigieux.

 Admirez ce pilier monumental, à l'entrée de la Salle ; (dite ; « capitulaire ») : nous pouvons mesurer le travail accompli qui le dégage et le met en valeur à son niveau d'origine. Mais...que de labeur, encore... Et de brouettes à charrier.

D'où rient ce nom : Le « Recins » ?

Est-ce vraiment (comme on l'a cru longtemps) parce que l'Abbaye dut servir, un moment - au XVIII° siècle  - de Maison de « réclusion » pour moines indisciplinés ou « discols » ? Certes, le fait est maintenant bien établi que l'Abbaye - sur son déclin - dut recevoir en détention, de 1744 à la Révolution, quelques Religieux mis à l'écart pour fautes graves, ou même des personnalités assignés à résidence, et envoyés là par « lettre de Cachet », sur ordre du Roi (tel Dom Gervaise, ancien abbé de la Trappe)...

Or, c'est dès sa fondation (vers 1142) - et dans un pieux dessein - que le Monastère, érigé par saint Bernard et l'évêque Hatton de Troyes, à la demande et grâce aux dons du premier Baron de Baye, Seigneur de Broyés, fut dédié à la Vierge et mis sous le vocable de : Notre-Dame du « Reclus ».

De tous les alentours, on venait y vénérer le corps, inhumé là, d'un saint ermite : Hugues-le-ReclusJ venu)vers 1128, (peut-être de Saint-Gond) vivre en solitaire, auprès de quelque source de fontaine, et ne se nourrissant que de ce que les bonnes gens des environs voulaient bien lui porler. Il y fut rejoint, bientôt, par quelques compagnons, désireux d'imiter son exemple et partager sa solitude. Ils vivaient en « reclus » - c'est-à-dire : à l'écart du monde, isolé des villages et des hommes, se consacrant à la prière et à la méditation, dans un souci de pénitence et de contemplation. Ce fait n'était pas rare) au Moyen Age ; et l'on voit même encore en quelques cathédrales ou lieux saints, d'étroits « cachots » ajourés d'un guichet donnant vue sur l'autel, où se faisaient emmurer vivants, par dévotion, certains « reclus »ou « recluses » qui faisaient vœu d'y rester, séparés du monde jusqu'à la mort.

Touché par tant de pauvreté, le Baron de Baye : Hugues de Broyés, voyant que les  terres  où s'étaient retirés les ermites étaient par trop arides, et ne pouvaient suffire à  la subsistance d'une communauté qui allait grandissant, leur fit don du terrain où se trouve actuellement l'Abbaye, auprès de la rivière du Petit-Morin, fort poissonneux à cette époque.

Les Comtes de Champagne par des donations ou privilèges (notamment en autorisant les hommes d'armes à entrer au Reclus à titre de convers prirent une part très active à la fondation et au développement de l'Abbaye.

Longtemps après la mort du Bien-heureux Hugues-le-Reclus, les villageois des environs se relayaient, chaque soir, pour venir ranimer sur sa tombe une flamme qu'ils étaient tenus d'entretenir. Il est probable qu'une fois le Monastère achevé, on dut y transférer le corps et l'inhumer avec honneur afin d'y vénérer, sur place, celui qui fut à l'origine de l'Abbaye et que l'on considérait comme un saint. Peut-être y retrouvera-t-on sa tombe, un jour, en déblayant, à force de patience et de savante application ? Qui peut savoir ?

Un pen d'Histoire

Retraçons-la, brièvement, à grands traits. C'est à l'initiative du premier (très croyant) Baron de Baye : Hugues Seigneur de Broyes - à l'époque où s'édifiaient, à Baye sur le tombeau de saint Alpin (V° siècle) l'église actuelle et, tout proche, le château primitif (remanié depuis) avec sa très noble chapelle (classée par les Monuments historiques) - que s'établirent  à Andecy (1131) pour les Dames puis au « Reclus » (1142) pour les hommes des Monastères de Religieux de qui l'on attendait prières et protection du Ciel.

A cette époque de grande Foi c'était, surtout l'Ordre de Citeaux (Cisterciens) qui se développait dans toute la Chrétienté, grâce à l'initiative, au zèle, à l'influence d'un puissant meneur d'hommes et organisation de génie : le célèbre saint Bernard de Clairvaux, qui réforma l'Ordre entier et lui donna une impulsion extraordinaire. Ce fut un bâtisseur prodigieux (plus de 160 monastères cisterciens construits à son initiative) et un très grand politique. Ce fut lui qui prêcha la 2° Croisade et qui fut à l'origine d'un Ordre à la fois religieux, militaire (et financier) dont la puissance et la riches-se devaient plus tard, porter ombrage au pouvoir et susciter des jalousies : les fameux « Templiers ».

II imposa, lui-même, à tous  ses monastères l'architecture et le style (à la fois sobre et religieux) don't l'ordonnance et la beauté sont un modèle et nous séduisent encore : c'est le style « cistercien ». Et l'abbave du Reclus dont on essaie de retrouver l'architecture ancienne conçue et réalisée selon le plan et les directives donnés par saint Bernard pour tous ses monastères  ;  chapelle, cloître, colonnades et voûtes, banquettes de pierre, où s'asseyaient les moines - « armoires » encastrées dans la muraille et servant à ranger les livres de prière - la « Salle Capitulaire », sévère et magnifique, où se rassemblaient les moines, « en chapitre »...

Chacun des monastères à sa fondation, se trouvait parainné par un voisin plus ancien qui essaimait un noyau de religieux pour le construire et le considérait comme sa « fille». (ou filiale).  C'est ainsi que l'Abbaye du Reclus était « fille » de l'Abbaye de Vauclair (dans l'Aisne) au Chemin des Dames), comme l'était aussi celle qui devait s'édifier à La Charmoye près de Montmort.

 Ce n'est que beaucoup plus tard (au début du XVIe siècle) que l'Abbaye, dont les affaires périclitaient, fut donnée à des Abbés « commendataires » qui en tiraient les bénéfices, à charge pour eux de veiller à la bonne exploitation des domaines et affaires matérielles.

On fait aussi mention de Mellin de Saint-Gelais, célèbre poète à la Cour de François ler et d'Henri II, pour avoir été l'un des Abbés « commendataires » du Reclus (1491-1558).


Ecusson de l"abbé Boucherat

L'année 1567 fut, pour le Reclus et la région, une année noire. C'était le temps des « guerres de Religion », véritable guerre civile qui divisa la France et fut prétexte à maints pillages et désordres divers. Dans la semaine du 10 au 17 décembre, des bandes de restres allemands, mercenaires dévoyés venant de Sézanne, pillèrent et saccagèrent les églises de Baye et environs (Baye y perdit son clocher, incendié ; le hameau de Saint-Prix, rasé, disparut) et dévastèrent, au passage, les monastères  de  Saint-Gond, d'Andecy,  du Reclus, faisant de nombreuses victimes parmi les populations et ne laissant partout que ruines et désolation...

L'église abbatiale du Reclus fut détruite et incendiée. Sur l'emplacement de la nef, les Abbés Commandataires se construisirent un « logis abbatial ».

Les autres bâtiments conventuels subirent également des dégâts considérables. On restaura comme on put en resserrant entre les murs valides une Communauté qui s'était déjà bien réduite. En 1770, l'église est de nouveau refaite sur les fondations de l'ancien chœur, et inaugurée en présence des Barons de Baye, fondateur de l'abbaye.

Par la suppression de tous les monastères, la Révolution, triomphante, porta le coup fatal à l'histoire religieuse du Reclus... L'Abbaye fut vendue comme « bien national » à des paruculiers, qui se la partagèrent en deux  propriétés;  l'une, comprenant le bâtiment des moines et les restes de l'Abbaye primitive, l'autre, le logis abbatial et l'église. Cette séparation devait nuire à la préservation de l'ensemble, chacun des propriétaiies s'efforçant d'aménager leur part en y introduisant les modifications qu'on imagine...

En 1928, l'Abbaye retrouve son unité. Et c'est le Général du Pontavice, actuel propriétaire et Maire de Talus, qui prît l'heureuse initiative de commencer les fouilles afin d'essayer de remettre en valeur ce témoin d'un passé - dont la trace émouvante est, pour tous, un rappel - et comme une invite à rester dignes de ce que fut, naguère, la Foi de nos ancêtres, en nos petits villages... Il souhaite la participation des Monuments Historiques déjà intéressés par les premiers travaux, et encouragés par les réactions très favorables des visiteurs.

J.D.

1976-1977. La salle capitulaire avait eu sa superficie réduite après la destruction partielle de l'abbaye par les protestants. Des cellules y furent construites sur l'emplacement de deux travées probablement pour servir de prison aux « moines dicols » envoyés au Reclus par lettres de cachet.

Après  la  Révolutioni le propriétaire de l'Abbaye en releva le sol jusqu'à hauteur de la fenêtre et utilisa ce local comme écurie qui fut garnie de mangeoires et de râteliers. Le reste de cette salle servait de passage entre la porte donnant sur la cour intérieure et la  fenêtre ouvrant sur l'exrérieur à laquelle on accédait par quelques marches;  enfin le banc de pierre séparant le cloître de la salle capitulaire avait disparu; il fut refait en septembre 1974.

La rénovation consiste en l'enlèvement des murs et des gravats jusqu'au sol initial qu'indiquait dans la partie Nord le carrelage en carreaux vernissés du XIIIe siècle. On découvrit alors le  magnifique  tombeau  du  Bienheureux Hugo Reclusus avec ses carreaux décorés de fleurs de lys et leur entourage en écriture gothique avec l'inscription  « HIC  JACET  DOM  ...  BATES DE RECLU ».

L'abbé Nicolas Boucherai qui représenta l'Ordre Cistercien au Concile de Trente fut l'un des Pères Abbés du Reclus. Nous avons trouvé dans leparc une pierre portant ses armes ; « un coq becqué onglé et crêté » surmonté de la crosse abbatiale.

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   en
Oct 2011     

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 Un peu d'histoire

 
L'ancien bâtiment des moines où l'on peut notamment voir une aile du cloître et la salle capitulaire.

 L'abbaye du Reclus fut fondée par Saint-Bernard vers 1142 autour de l'ermitage du Bienheureux Hugo Reclusus, qui lui donna son nom sous le vocable de Notre-Dame du Reclus. Ill en fut le premier abbé à la tête de 12 moines venus de l'abbaye de Vauclair. Bâtie selon le plan général des premières abbayes cisterciennes, son architecture de voûtes et de colonnes d'une grande sobriété est admirable par l'élégance de ses proportions. Elle s'élève dans le site d'un vallon où l'on retrouve le calme et le silence recherchés par ses fondateurs.

L'abbaye fut partiellement détruite au moment des guerres de religion, en 1567, par une bande de protestants qui semèrent le pillage et l'incendie sur son itinéraire de Sézanne à Epernay. Elle survécut pauvrement jusqu'à la Révolution et fut alors vendue comme « bien national » (1791).

Au XVIIIe, sur l'emplacement de la nef, les abbés commendataires se construisirent un logis abbatial et l'église fut de nouveau refaite sur les fondations de l'ancien chœur.

Aujourd'hui, on peut y voir une aile du cloître dans le bâtiment des moines avec la sacristie, la salle capitulaire et la prison monastique et enfin le chœur de l'église dont la nef est devenue le logis abbatial. Par ailleurs, de nombreux restes dessinent encore le plan initial du monastère.

Extrait de l' union du 17/07/2011

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