Agro Industrie Recherches Développement 

( A.R.D )

 à POMACLE (51)
 

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La 2 e génération prête pour l’usine
ARD acquiert un bel outil

Des ingénieurs formés à Pomacle-Bazancourt

Centrale abritée provisoirement chez ARD

La paille champardennaise sur le marché du papier et du pétrole

Construction et développement durable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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05/1998

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ARD acquiert un bel outil

 ARD acquiert un bel outil

Pomacle. Le bras R&D des coopératives agricoles reprend le personnel et les actifs de Procethol 2G qui a travaillé sur Futurol le projet de biocarburant de 2ème génération.


Le programme Futurol, lancé en 2008, étant arrivé à son terme depuis deux ans, le site était en quête d’un nouvel avenir.

REPÈRES

*.- AGROINDUSTRIE RECHERCHES ET DÉVELOPPEMENTS a été créé il y a 30 ans par des coopératives agricoles pour assurer de nouveaux débouchés non alimentaires à leur production.

*.- LES ACTIONNAIRES SONT : Vivescia (majoritaire), Cristal Union, le Crédit Agricole, LRD (luzerne), Unigrains, CRD (céréales).

*.- PROCÉTHOL 2G : c’est la société qui a opéré le projet de biocarburant de 2 ème génération Futurol porté par ARD, IFP Energies Nouvelles, l’INRA, Lesaffre, Vivescia, Total, Tereos, l’ONF, le Crédit Agricole, Unigrains et la CGB avec le soutien de BpiFrance

Lancé en 2008, le projet Futurol a travaillé pendant 8 ans à Pomacle, à la mise au point d’un procédé de production de biocarburant de 2 èmegénération à partir de la lignocellulose contenue dans des coproduits agricoles, forestiers, des résidus ou de la biomasse dédiée. Arrivé à son terme depuis deux ans déjà, ce projet emblématique doté de 76 millions d’euros de budget et animé par 11partenaires de haut vol, se cherchait un nouvel avenir. Il a finalement trouvé un repreneur. ARD, le bras R&D des coopératives agricoles détenu en majorité par Vivescia a racheté les actifs (bâtiments, machines, etc) et repris les 12 salariés de Procethol 2G, la société porteuse du projet. « C’est une deuxième vie pour le site », estime Jean-Christophe Duval, directeur général d’ARD. Cette plate-forme va poursuivre l’activité initiale de Futurol dans la validation de procédés de biocarburant notamment pour Axens, la filiale de commercialisation de l’Institut Français du Pétrole (IFP) Énergies Nouvelles. ARD est aussi en discussions avancées avec l’Européenne de Biomasse, qui va construire une usine de pellets à Pomacle (notre édition du 6 novembre), en vue d’installer un pilote dans l’ex-Futurol. Enfin, ce site va être très utile à la diversification de l’offre d’ARD. « Nous allons avoir accès à des équipements de pré-traitement de la biomasse. Nous mettons un pied dans un nouveau domaine », se félicite M. Duval. Ce nouvel outil va permettre aussi à ARD, qui pourtant s’est doté de nouveaux locaux à Pomacle en 2015, de trouver un espace qui commence à lui manquer.

Avec un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros au 30 juin, ARD affiche une croissance 15 %. Son activité progresse grâce à ses prestations pour des clients extérieurs qui représentent les deux tiers de ses revenus. Des start-up internationales, ou de grands groupes, viennent utiliser discrètement à Pomacle, les labos, le pilote et le démonstrateur d’ARD pour la mise à l’échelle de leurs procédés. C’est un maillon essentiel car la nature fait qu’un procédé ne fonctionnera pas de la même façon quand il passe d’un fermenteur de 20 litres à son grand frère de 10 mètres cubes. « Nous réduisons l’incertitude entre entre la production à petite échelle et la production industrielle », explique M.Duval. Le démonstrateur d’ARD est capable d’assurer également un début de production commerciale, ce qui en fait un outil rare et apprécié des entreprises innovantes.

« Créer une filière bio-intrants dans le grand Est»


Jean-Christophe Duval veut fédérer les ressources et les bonnes volontés.

ARD est engagé depuis plusieurs années dans un programme de recherche sur les bio-intrants. Le bio-contrôle, les bio-stimulants et les bio-fertilisants utilisent des composants naturels (des micro-organismes tels que des bactéries, des moisissures ou des levures) pour protéger les plantes et mieux les faire pousser. Cela évite le recours aux produits chimiques. « Nous avons fait des essais en parcelles qui sont encourageants. J’ai donc proposé de créer une filière bio-intrants dans le Grand Est », annonce Jean-Christophe Duval directeur d’ARD. La proposition a été faite à la région, qui soutient les recherches dans ce domaine, et aux responsables du projet marnais InnoBioECO² entrant dans le dispositif TIGA (Territoires Innovants de Grande Ambition). ARD ne veut pas se lancer seul mais fait appel à toutes « les ressources et les bonnes volontés » allant de l’Urca au CNRS en passant bien sûr par les coopératives. Avant d’envisager une production potentielle d’ici « 5 à 7 ans», il faut poursuivre les expérimentations avec une mise à l’échelle progressive des procédés. Pour M. Duval, l’émergence des bio-intrants est portée par deux ingrédients majeurs que sont le durcissement des réglementations et les exigences sanitaires comme environnementales de la société..»,

 Julien Bouillé

Extrait de l'union du 13/11/2018

 

  

    

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Des ingénieurs formés à Pomacle-Bazancourt

Doctorants et étudiants : ils sont une vingtaine à suivre une formation à Bazancourt-Pomacle. De jeunes ingénieurs en agro bio-technologies industrielles et en économie dans cette filière, formés par l'École Centrale, AgroParisTech et RMS.

Les chercheurs, jeunes ingénieurs, et professeurs de l'école Centrale Paris  et de l'Université de Reims dans leur laboratoire, à l'ARD.
Les chercheurs, jeunes ingénieurs, et professeurs de l'école Centrale Paris et de l'Université de Reims dans leur laboratoire, à l'ARD.

 Nouvellement créées, ces trois chaires en bio-technologies industrielles comptent une vingtaine d'étudiants et de doctorants. Celle de l'École Centrale Paris fonctionne depuis novembre 2010 ; AgroParisTech l'a lancée en juin 2011 ; et Reims Management School leur a emboîté le pas au début du mois de février.

Toutes installées sur le Pôle industrie agro-ressources (IAR) de Pomacle-Bazancourt, ces chaires, ou laboratoires dirigés par des chercheurs, forment de jeunes ingénieurs préparant un master (Bac +5) ou un doctorat (Bac +8). Elles travaillent en collaboration avec l'ARD, centre de recherche privé en raffinerie végétale biotechnologie industrielle, appartenant aux coopératives agricoles ; et en partenariat avec l'Université de Reims. Mais à quoi ?

Fabriquer à partir de plantes

Les ingénieurs de Centrale et d'AgroParisTech fabriquent des molécules d'intérêt pour la chimie et l'industrie. En clair, ils utilisent les végétaux, travaillent sur les molécules organiques et les purifient afin qu'elles puissent être utilisées et développées au niveau industriel. Ils cherchent, par exemple, à valoriser le carbone fixé dans les molécules organiques des végétaux pour remplacer le carbone d'origine fossile (le pétrole), et donc non renouvelable, par ce carbone d'origine renouvelable produit grâce à la photosynthèse des plantes. Ils s'emploient aussi à fabriquer de l'acide lactique à partir de la fermentation du sucre présent dans les plantes. Cet acide organique, par la suite polymérisé, permettra alors de fabriquer des polymères et servira notamment à faire des fils de suture en chirurgie. En deux mots, ils font de la « chimie verte ».

Sur place, pas de cours magistraux donc, mais des travaux pratiques. Les plantes transformées in situ permettront non seulement de réaliser des économies et de créer de la valeur ajoutée dans un proche avenir, mais la filière fera aussi travailler les entreprises locales. L'enjeu n'est d'ailleurs pas que local, il est d'envergure nationale et même mondiale.

Les étudiants de Reims Management School, pour leur part, s'évertueront à améliorer l'approche économique dans cette filière amenée à se développer. La chaire « économie agro-bio industrielle » formera des marketeurs, économistes et financiers afin de connaître la rentabilité et la valeur de marché des résultats de la recherche des ingénieurs.

Ces trois chaires seront amenées à travailler ensemble. Elles disposeront même de leurs propres locaux d'ici 2014. Date à laquelle le centre d'enseignement supérieur et de recherche, financé par la Région, devrait sortir de terre.

Lé.B.

Extrait de l'union du 07/04/2012

  

    

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Centrale prend racine

 La grande école s'installe à Pomacle pour les biotechnologies blanches


Hervé Biausser, directeur de l'Ecole centrale, à la mairie de Reims lors
de la cérémonie d'inauguration du « CEBB » de Pomacle.

 Une nouvelle tradition est en train de naître dans Reims et la région : celle de la chasse aux grandes écoles. Après Sciences-Pô, qui a pris siège à la rentrée au cœur de la cité des Sacres, et avant AgroParisTech qui a annoncé sa venue pour 2011, l'École centrale Paris fait son arrivée à Pomacle, haut lieu du pôle de compétitivité à vocation mondiale Industries et Agro-ressources. La prestigieuse école installera précisément une partie de son « centre d'excellence en bio-technologies blanches » (CEBB), l'autre partie étant déjà implantée à Châtenay-Malabry. Cette venue a été officialisée lundi 30 novembre 2010 par une cérémonie inaugurale à la mairie de Reims.

Un coût global de 18 M €

Les biotechnologies blanches englobent les techniques et les procédés qui permettent d'utiliser les végétaux pour remplacer les dérivés du pétrole. Pour cela, on fait appel à des micro-organismes, des bactéries, des levures ou des enzymes.

Dans les faits, quelques doctorants de Centrale travaillentdéjà à Pomacle depuis plusieurs mois. Début 2011, l'École enverra trois nouvelles personnes pour atteindre, à terme, 25 enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs et techniciens, auxquels s'ajouteront des élèves et des stagiaires.

Trois missions seront confiées au CEBB : la recherche scientifique, l'enseignement et la formation continue. En matière de recherche, les Centraliens vont notamment plancher sur les bio-carburants de deuxième et troisième générations, les agromatériaux (biopolymères, etc.) et les agromolécules (pharmacie, cosmétique, etc.). « Nous sommes convaincus que le centre d'excellence va générer beaucoup d'innovations valorisables industriellement », a déclaré lundi, HervéBiausser, directeur de l'école. La venue de Centrale est liée àune forte demande des entreprises du pôle de compétitivité, mais aussi des collectivités que sont le conseil général de la Marne, la Région Champagne-Ardenne et la Ville de Reims. Toutes trois vont être mises à contribution pour Financer l'antenne locale de la belle enseigne centralienne. La convention pour les sept premières années d'activitépré voit un budget de fonctionnement d'environ 12 millions d'euros. Et un investissement de 6 millions d'euros est sur les rails

 Centrale (qui est abritée provisoirement chez ARD), puis Agro-ParisTech ou encore Reims Management School, qui veut créer une chaire en « économie agro-bio-industrielle » à Pomacle. Qui va payer quoi ? Tous les financements ne sont apparemment pas calés noir sur blanc. « Nous ferons une répartition par tiers entre les trois collectivités », assure René-Paul Savary, président du conseil général marnais. En complément, des fonds de l'État (Agence nationale de la recherche) et de l'Europe (Feder) vont être sollicités. Mais Centrale ne veut pas jouer trop longtemps le rôle du consommateur de crédits publics qui se font plus rares en ce moment notamment au niveau des collectivités locales. « Nous bénéficions d'une mise de fonds. L'idée est qu'à terme le centre d'excellence puisse se financer comme une PME au travers de ses activités de recherche et de formation continue », a fait savoir Dominique Pareau, directrice du CEBB, en marge de la cérémonie inaugurale. Centrale compte en effet se financer an travers de partenariats avec des entreprises.

JULIEN BOUILLE

Extrait de l'union du 07/12/2010

  

    

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 La paille champardennaise sur le marché du papier et du pétrole

Après deux années de recherches fructueuses, l'usine de transformation de matière végétale en cellulose verra le jour à l'horizon 2009, À la clé, la production de pâte à papi.er et de substituts de produits pétroliers,


Gérard Delmas, enseignant chercheur, associé de la CIMV, échange avec Jean-Paul Bachy, président du conseil régional de Champagne-Ardenne, les premiers échantillons de papier devant Dominique Dutartre, président d'ARD et Thierry Scholastique, PDG de la CIMV (de gauche à droite).
Charles LANTENOIS

Et  la paille devint papier et remplaça le pétrole. Ce n'est pas un miracle . champardennais, mais la perspective offerte par deux années de recherches réalisées sur le site d'Agro industrie recherches et développements (ARD) à Pomacle . . À quelques kilomètres de Reims, entre le centre de recherche et les champs, fut construit en 2004 un « pilote industriel ». Cette étonnante machine, entre la mini-usine et le très gros appareil de labo, a fonctionné de longs mois avec un but bien précis: extraire la cellulose de la paille des blés champardennais pour en faire de la pâte à papier. L'opération a réussi et pourra déboucher sur un projet industriel. (lire par ailleurs) Les acteurs et financeurs de ce projet s'en sont fé- licité jeudi dernier. Entre deux exposés savants d'ingénieurs-chercheurs, ils ont pu toucher des mains les premières productions du pilote : quelques feuilles cartonnées jaune pâle. Les patrons du conseil régional, de ARD et Oseo voient en ces échantillons un nouvel avenir pour l'agriculture champardennaise.

« Nos céréaliers qui exportent beaucoup de blé, évoluent maintenant sur des marchés de plus en plus difficiles où la France est en concurrence avec de nombreux autres pays », remarque Jean-Paul Bachy. D'où l'idée de redé- finir l'utilisation des ressources agricoles qui ne doivent plus se restreindre au seul domaine alimentaire. « Cela avec une valorisation et une transformation de la matière première qui puissent avoir lieu dans notre région », précise le président de la Champagne-Ardenne.

Associé de la Compagnie industrielle de la matière végé- tale (CIMV), qui assurera le dé- développement industriel du projet, Gérard Delmas enseignant-chercheur à l'université de Toulouse ne tarit pas d'éloges pour la région. « [e ne connais aucun autre endroit au monde où l'on ait des agriculteurs avec une>telle volonté d'innover et qui bénéficient de tels outils de recherche », s'emporte ce savant aux allures de professeur Tournesol, qui parcourt tous les labos de la terre depuis 25 ans.

Du papier qui protège les forêts

Cette innovation est-elle rentable? Manifestement oui, car la CIMV promet de vendre la production au cours mondial. Le PDC de la compagnie, Thierry Scholastique, souligne que cette pâte champardennaise aura « l'avantage de ne pas détruire la forêt. » Un argument qui a son poids à l'heure où la déforestation menace et où les consommateurs sont sensibles à la protection de l'environnement Et en plus le marché mondial de la pâte à papier augmenterait de 3 millions de tonnes par an d'après la CIMV. Une société derrière laquelle on trouve l'- homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus. C'est un signe. La paille champardennaise a d'autres potentiels. Car le procédé qui vient d'être mis au point permettra également d'extraire deux composants pouvant se substituer à des produits pétroliers. Ce sera la seconde étape du développement industriel.

Autant dire que l'on peut voir d'un autre œil aujourd'hui les ballots de paille qui fleurissent dans les champs après les moissons.

Jusqu'à présent peu valorisés, ils vaudront demain au tant que l'or noir, dont le cours ne cesse de s'envoler.

Ce que l'on peut faire avec 130.000 tonnes de paille

Avec 130.000 tonnes de paille fraîche on obtient: 100.000 tonnes de paille sèche. Avec celle-ci on peut produire: 50.000 tonnes de cellulose, 15.000 tonnes de lignine et 25.000 tonnes de xylose.

La lignine entre dans la fabrication de plastique et le xylose est une forme de sucre utile à l'industrie chimique. Quant à la cellulose produite à partir de paille, elle s'apparentera à celle que l'on obtient actuellement avec de l'eucalyptus, qui entre à 70 % dans la fabrication de papier à écrire.

130 emplois en vue

Le conseil régional et l'ARD ont annoncé jeudi que les premiers plans sont lancés pour la construction d'une usine qui pourrait transformer à partir « de 2008, début 2009 ))quelque 130.000 tonnes de paille par an. Cet investissement supporté par la CIMV, avec une participation des céréaliers, sera compris entre 80 et 100 millions d'euros. À la c1é,la création de 130 emplois directs. Le lieu précis de l'implantation n'a pas encore été défini. Mais, on sait déjà qu'il devrait se situer sur l'axe Châlons-en-Champagne/Troyes.

 Julien Bouillé

Extrait de l'union du 29/07/2006

  

    

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Agriculture

Construction et développement durable 

 CHANVRE ET BOIS FONT BON MENAGE DANS LE BÂTIMENT

II existe ça et là des constructions incorporant du chanvre, mais elles sont encore fort rares. Le béton de chanvre (mélange léger de chènevotte issue du chanvre et de la chaux) pour les parois, comme la laine de chanvre (fibre) pour l'isolation, ont pourtant de sérieux atouts, combinés notamment avec le bois (ossature), autre matériau naturel et renouvelable, aujourd'hui en vogue dans le bâtiment. 


Une construction en chanvre et bois

Des chantiers exemplaires sont d'ailleurs en train de sortir des cartons dans la région. Ce "passage à l'acte" ne peut que réjouir le principal acteur de la filière chanvre en Europe, la Chanvrière de l'Aube et les agriculteurs en quête de nouveaux débouchés pour leurs productions.

C'est bien parti. Des constructions à base de chanvre, plante largement cultivée dans l'Aube, la Marne et en Haute-Marne, commencent à fleurir en Champagne-Ardenne. Dans le secteur des lacs de la Forêt d'Orient, par exemple, Troyes Habitat vient d'initier un programme de construction de neuf pavillons " bois et chanvre " qui ne devrait pas passer inaperçu. Ce bailleur social connaît bien le bâti à ossature bois pour avoir rénové des maisons à pans de bois dans le vieux Troyes et réalisé aussi des constructions contemporaines. Il veut aller plus loin désormais en matière de développement durable en ayant recours à cette plante assez extraordinaire cultivée à deux pas, sur les plateaux du Barrois comme dans la plaine de Champagne. Dite " industrielle ", elle a servi naguère à faire des cordes. Le chanvre entre depuis longtemps dans la fabrication de papiers spéciaux. Il est utilisé dans les litières pour animaux (paille) et dans leur alimentation (graine). Il est par ailleurs utilisé dans la plasturgie, la cosmétique ou encore l'huile alimentaire. .. Dans le bâtiment, le chanvre - à travers l'un de ses composants, la chènevotte (le cœur de la tige), utilisée comme substitut aux granulats ou au sable dans des mortiers à base de chaux, est promis à un bel avenir. Des architectes de Bar-sur-Aube ont ainsi conçu des " type IV " capables, sur le plan architectural, de se fondre dans la typologie du parcellaire de Mesnil-Saint-Père, communesituée sur le Parc naturel régional de la Forêt d'Orient et d'intégrer un nouveau système constructif, plus écologique.


Le projet de Mesnil-Saint-Père.

" Nous étions déjà intervenus à Chavanges (10) sur la transformation en salle polyvalente d'une ferme du pays. Le remplissage entre les pans de bois avec un mortier de chanvre a été relativement facile à mettre en œuvre. Aujourd'hui, nous disposons de procédés mécaniques de remplissage pa injection sur une face, qui permet de gagner en performance et en homogénéité ", explique Jean-Claude Plumey intimement convaincu du " confort supérieur " apporté par le chanvre dans la construction,

BIEN-ÊTRE


Pierre Possémé

Un autre précurseur en la matière, Pierre Possémé,tient le même discours. Pour le patron de l'entreprise Le Bâtiment Associé, à Muizon (51), par ailleurs président de la Fédération régionale du Bâtiment, " le chanvre a fait ses preuves depuis plusieurs siècles déjà. On le redécouvre et l'on s'aperçoit que c'est un vrai matériau du développement durable, un produit sain, naturel et renouvelable ".

II pousse sans avoir besoin d'engrais, il n'est guère gourmand en eau et, dans la mesure où tous les composants de la plante sont transformés, il ne laisse aucun déchet derrière lui. " Pour agrandir les locaux de ma société de travaux publics, je viens de réaliser. deux bureaux à structure porteuse en bois et à murs de chanvre. Quand on entre dans ces pièces, on sent tout de suite la différence : c'est agréable, ça respire... Cela tient aux grands pouvoirs hygrométriques et thermiques du chanvre. Sans parler des économies d'énergie ! ". Pierre Possémé a bon espoir de pouvoir démarrer des chantiers de plus grande envergure dans les mois qui viennent. " La demande de la clientèle est là. Dans la profession, nous y croyons ferme. Nous construirons un pavillon témoin à Breuil-sur-Vesle après l'été. Le Foyer rémois a un projet du côté de Fleury-la-Rivière (51) et une étude est lancée concernant une maison de retraite dans le Pays d'Othe... ". Reste toutefois à publier les avis techniques et cahiers des charges définissant l'utilisation du chanvre dans le bâtiment, qui permettront d'assurer les constructions. Via le projet de recherche Agrobat, notamment, la FFB et ses partenaires (Ademe, Région, industriels...) s'y emploient. Le lycée Arago à Reims est également associé aux recherches en cours. Benoît Savourât attend beaucoup de ces différents travaux pour les agriculteurs de la région qui se sont lancés dans la culture du chanvre (près de 5 000 ha) et ont créé une véritable filière autour de la Chanvrière de l'Aube. Pour le président de cette dynamique sociale, la part de la chènevotte dans le bâtiment reste " marginale ", de l'ordre de 5 % mais " des volumes énormes sont attendus " et il va falloir " mettre en face l'outil industriel ". " Certes, le coût de nos produits, telle la laine de chanvre comparée à la laine de verre, reste un peu supérieur aux matériaux traditionnels mais il faut le pondérer avec les économies réalisées dans la durée. Il faut enfin tenir compte de la totale recyclabilité de notre matériau ", insiste Benoît Savourât, lui aussi optimiste. Le Conseil Régional soutient, bien entendu, ces initiatives créatrices d'emplois et de nouvelles richesses.


Philippe Schilde                                   

Pôle de compétitivité Industries et Agro-Ressources

" CHEVENOTTE PLUS "  PARMI LES PROJETS PILOTES

               Le projet "Chévenotte Plus" fait parti des trois nouveaux projets lancés en 2005 par le pôle picardo-champardennais. Au-delà de toute utilisations habituelles du chanvre, il  s'agit cette fois de travailler sur le fractionnement de cette matière aux incroyables facultés d'absorption (jusqu'à trois fois son volume) et de chercher à valoriser des molécules issues de transformation (les poudres dégagées lors du défibrage, par exemple). La Chanvrière de l' Aube porte ce projet en partenariat avec l' INRA de REIMS et le centre de recherche ARD à Pomacle.

 Extrait de RCA Mag été 2006  

  

    

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