Carrières de COURVILLE (51)

 

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La pierre de Courville a fait revivre les monuments de Reims

Philippe MARKEY dit Marcus

 

 

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05/2005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La pierre de Courville a fait revivre les monuments de Reims

Les Américains en achetaient par conteneurs. Connue dans le monde entier, la pierre de Courville, à l’origine des plus grands édifices rémois, est aujourd’hui inexploitable.


Christian Lécaille, entreprise Léon Noël, possède encore un bloc de pierre de Courville, à l’origine de monuments mondialement connus.

Deux mètres cubes, Voilà tout ce qu'il reste de pierre de Courville, cette pierre dure, peu poreuse et fort blanche qui a servi à bâtir et, reconstruire, au cours des siècles, de nombreux édifices ré mois. On y compte de manière certaine la cathédrale de Reims, la place Royale, la porte des Tisserands, l'ancienne abbaye Saint Rémi. Sans compter les mètres cubes exploités outre-Atlantique.

Ces deux derniers mètres cubes sont actuellement en stock à l'agence Léon Noël, dont l'activité principale est la restauration du patrimoine bâti. Christian Lécaille, son directeur est l'un des derniers à en posséder encore quelques vestiges.

La pierre de Courville, cette pierre du lutécien connue dans le monde entier, il l'a transformée à de nombreuses reprises au cours de ces 25 dernières années. C'est d'ailleurs grâce à son stock que le Pèlerin. la Reine de Sabbat ou encore le David et le Goliath de la Grande Rose de la cathédrale ont pu être récemment restaurés à l'identique.

Pourtant la carrière souterraine de Saint-Julien près de Courville, exploitée depuis 1856, n'est pas tarie. Il reste au moins un banc de pierre sous terre ... « Elle n'est simplement plus exploitable, confie Christian Lécaille, trop dangereuse. Elle menaçait de s'effondrer. Cela faisait des années qu'elle ne répondait plus aux normes de sécurité. »

UN ÉBOULEMENT DE LA CABRIÈRE PASSÉ SOUS SILENCE EN 2005

Un accident en 2005, passé sous silence au moment des faits, a précipité la fin de la carrière souterraine. « Il y a eu un éboulement à l'entrée nord. Les gars ont entendu un bruit sourd. Ils ont juste eu ·le temps de sortir. Tout a été broyé en dessous, même lé matériel... L'affaire n'a pas été ébruitée. Moi-même, je ne l’ai su qu’un mois après. »

À cela, il faut ajouter des problèmes financiers rencontrés par l'exploitant de l'époque, le marché de la pierre n'étant plus ce qu'il, était. C'est ainsi que les derniers bancs de pierre de la dernière carrière de pierre de taille de la Marne - elles étaient 9 en 1895 - ont été extraits jusqu'en 2005, année où la carrière a commencé à péricliter.

« La carrière a été placée en liquidation judiciaire ... Jusqu'en 2008, il y a eu des tentatives de reprise, des propositions, mais rien n'a abouti », regrette Christian Lécaille. La préfecture a fait fermer le site. Un éboulement de l'entrée sud a été provoqué, afin de mettre un terme à la fréquentation du site par des raveurs.

« C'est dommage, mais économiquement ce n'est pas viable. Le seuil de rentabilité pour. une carrière c'est 1 000 m3 par an Iii. on était à peine à 150 m3 par an : quand on sait que sur un projet comme ici Grande Rose de la cathédrale ; il a fallu 100 m3 sur 3ans.  Ça a toujours été le problème avec cette carrière, il y a toujours eu un faible rendement. »

Un faible rendement, mais une qualité exceptionnelle. « C'est une pierre magnifique, suffisamment dure pour tenir dans le temps et suffisamment fine pour permettre de sculpter le petit détail. Si on a pu faire une statuaire comme celle de la cathédrale de Reims, c'est bien grâce à la pierre de Courville. Cette carrière a toujours été un plus pour la région. C'était du marbre, cette pierre. »   

LES DERNIERS BLOCS UTILISÉS POUR LE PÈLERIN


Le Pèlerin d'Emmaüs a pu être restauré avec de la pierre de Courville. HD

Pour la dernière restauration de la Grande Rose de la cathédrale, 8 m3 de blocs de pierres de Courville, en stock à l'agence Léon Noël, ont été transformés pour remplacer le Pèlerin d'Emmaüs de plusieurs mètres de haut, la Reine de Sabbat, un David, un Goliath sur la façade nord, deux moutons et deux arbres. Pour le reste, Christian Lécaille a dû faire appel à de la pierre des Aucrais de la région de Caen. Pas moins de 60 m3 de pierre à traiter ont ainsi été fournis par les carrières Degan. Ne reste plus aujourd'hui que deux petits mètres cubes qui il serviront à de menues restaurations. « Aujourd'hui, la pierre de Coûrville, c'est de l’histoire. Cette période est révolue, a regretté Christian Lécaille.

 Caroline Garnier

Extrait de l'union du 20/11/2016

    

    

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Portrait

 Philippe MARKEY dit Marcus

Un titan à l'âge de pierre

 

C'est un bloc, c'est un roc, c'est une force de la nature. Mais Marcus est avant tout un artiste amoureux de la pierre qui fait revivre les scieries de l'Ardre à Saint-Gilles, à une trentaine de kilomètres de Reims, au coeur de cette belle région du Tardenois. Avant son arrivée, l'entreprise était moribonde.

« J'ai volontairement bridé mon côté artiste. La création ne peut exister que si je contrôle techniquement la structure de Saint-Gilles. Je suis venu pour les cailloux, mais il y a un patrimoine colossal derrière tout cela ».

Des cheveux longs et une barbe parsemés de poussière minérale, une carrure impressionnante, un sourire chaleureux et une vision perçante : l'homme a des airs de colosse, presque de titan. Une dimension nécessaire pour évoluer dans le cadre gigantesque des anciennes carrières et scieries de l'Ardre.

Travailleur infatigable, voilà quatre ans désormais que le sculpteur Philippe Markey, plus connu sous le  nom  de  Marcus,  s'est  installé à Saint-Gilles, à une trentaine de km de Reims, pour redonner vie à un vaste complexe datant de 1856. « La pierre reste mon fil directeur. Actuellement, mon travail de création est un peu mis de côté par l'échelle de l'entreprise. J'ai désormais une grande diversité d'activités, qu'il s'agisse de la réalisation de cheminées, d'escaliers, de restauration d'oeuvres anciennes, ou de créations pures sur le plan statuaire. Têtu de nature, bien que cela soit difficile, je sais que je gagnerai mon défi ! J'ai du tempérament, pourtant je reste humble, car dans cette aventure, il me faut comprendre des machines très spéciales, les entretenir, parfois les réparer ».

Avant l'arrivée de Marcus, l'entreprise était moribonde, tant et si bien que beaucoup ignorent encore la présence de l'artiste. Cette reprise, il l'a vécu comme un sauvetage, et a laissé parler son grand cœur, son amour du « caillou ». «Je suis un homme de la pierre alors que, curieusement, cette scierie ne fait pas partie de ma formation. » Pierre de cathédrale Marcus est un géant qui vient du Nord. Lillois d'origine, il suit des études d'architecture, et, fait exceptionnel, il parvient en parallèle à prendre des cours de sculpture.

A Paris, il fréquente le milieu artistique de Saint-Germain-des-Prés et fait ses premières armes. Début des années 90, Marcus s'installe progressivement à Sézanne, où il demeurera  jusqu'à  son  coup  de cœur pour Saint-Gilles.

Pour l'heure, la carrière est fermée pour des raisons de sécurité, mais Marcus a bon espoir de la rouvrir.

De toute manière, il ne manque pas de matière première, car bon nombre de blocs attendent encore d'être façonnés. Il doit avant tout changer l'image de l'entreprise, lui donner un aspect positif.

« Quand j'ai une vision pour une oeuvre, j'ai mon « caillou », je le vois, donc je le recherche. Je vais me lancer dans du statuaire sur de la pierre de Courville. C'est un matériau d'une grande qualité, de par sa masse, sa densité, son homogénéité et sa couleur. Ce n'est pas par hasard qu'on la retrouve dans la cathédrale de Reims. Elle prend bien la lumière et l'humidité. C'est une pierre vivante. Paradoxalement, elle est fragile, mais riche en expressions, et offre une belle tenue lors de la taille ».. Parmi ses œuvres, outre des sculptures, figurent de magnifiques  mosaïques, ainsi que des pièces plus rares comme de la marqueterie en marbre !

« On m'avait dit un jour : « Tu seras jeune jusque 50 ans ». A 51ans, je suis toujours un gamin qui apprend. C'est bien ! », conclut le colosse.

Alexandre VERGUET

Atelier Marcus -10. rue de Fismes - 51170 - Sint-Gilles.

Tél. : 03 26 91 14 50 - émail : contact@marcus-stgilles.fr

 Extrait du mag'info du 08/05/2010

    

    

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