Les Métalliers Champenois

 

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 2014-06-22 - La success-story des Métalliers Champenois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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06/2012

 

 

 

La success-story des Métalliers Champenois

 Avec la rénovation de la Statue de la Liberté comme carte de visite, l'entreprise bezannaise restaure des monuments classés à New York et crée des ouvrages uniques à plusieurs millions de dollars.


Au cœur de l'atelier LMC Corp de Paterson. Photos Anaïs Digonnet

Lors de votre prochaine visite à New York, regardez attentivement la statue du William Tecumseh Sherman Monument à Central Park, la coupole de l'ancien bâtiment de la police, les portes de la grande bibliothèque publique à côté de la Cinquième Avenue ou le dôme de cuivre de l'hôtel de ville de Brooklyn ... Il y a toutes les chances que vous trouviez le poinçon étampé par Les Métalliers Champenois.

Mais l'ouvrage le plus, majestueux, celui qui a ouvert les portes de l'Amérique à cette entreprise bezannaise, c'est la torche de la Statue de la Liberté, lorsque dix Compagnons du devoir traversèrent l'Atlantique pour la rénover.

On est en 1984 et Jean Wiart, alors simple employé est nommé chef de projet. Il traverse l'Atlantique et se rend tous les jours pendant près de quatorze mois dans les ateliers sur l'île de la statue. Épatée .par ce travail d'orfèvre, la mairie de New York engage les. artisans de Reims sur' d'autres missions comme la rénovation de la statue Civic Fame perchée sur le Manhattan Municipal, Building, un gratte-ciel haut de 177 mètres construit au début des années 1900 pour fournir plus de locaux à l'administration de la ville. Pendant· 23 ans, l'entité française et sa filiale américaine fonctionneront ensemble; jean Wiart sur la côte ouest de l'Atlantique, Jean Bourly le PDG historique, dans les ateliers de l'agglomération rémoise. Les grands mariages conduisent 'aussi parfois à de grands divorces. Le cordon est coupé en 2007 avec la naissance de la société « Les Métalliers Champenois Corporation » à Paterson, dans le New Jersey.

Une main-d'œuvre rare aux Etats-Unis

Aujourd'hui, c'est julien Legeard qui est l'héritier de cette histoire. En juillet 2011, il a repris l'affaire à Jean Wiart, rentré à Cambrai pour ouvrir. un atelier de serrurerie d'arr. Du haut de ses. 30 ans, le nouveau patron, diplômé de l'école de commerce de Montpellier et de la Texas Tech University, évoque toutes les techniques de la ferronnerie d'art sans n'avoir jamais touché un marteau. Un artisanat dans lequel il est tombé un peu par hasard, après un stage chez un bronzier d'art, puis quatre ans à développer une PME qui allait devenir sa concurrente.

 « Le plus dur, c'est de garder la réputation de LMC », admet-il conscient du prestige qui s'élève dès l'évocation de ces trois lettres.

Si la pérennisation de ce savoir-faire est un des objectifs premiers de Julien Legeard, le recrutement freine l’expansion de la société. Aux Etats Unis, « à part une école à Charleston en Caroline du Sud, il n’existe aucune formation de ferronnier », regrette le trentenaire.

 Difficile aussi de faire venir les compagnons de France à Paterson. « La concurrence nous met des bâtons dans ls roues pour accéder à cette pépinière de talents en France. Mais c'est pénaliser les jeunes dans leur formation. Alors, on essaie de trouver des gens passionnés. » Reste enfin le problème des visas, compliqués à obtenir : « les métiers manuels ici ne sont pas reconnus comme en France. On fait venir des gens qui ont des compétences pour le travail des métaux, pas des gens qualifiés à hauteur de diplômes. »

En 2013, le chiffre d'affaires flirtait avec les cinq millions de dollars. Avec les trente employés de la maison, Julien Legeard dit qu'ils pourraient faire plus. Mais ils ne préfèrent ne pas top sous-traiter pour garder au maximum le contrôle de la production, et confirmer leur renommée internationale qui leur permet aujourd’hui d’habiller les appartements des plus grandes fortunes du monde.

« Il y a plus de projets haut de gamme que d'entreprises qui sont capables d'effectuer de tels ouvrages, alors nos concurrents cassent les prix ce qui conduit à la disparition du métier », déplore le Français. « Même si parfois, il est difficile de faire comprendre à nos clients qu'il faut six mois pour faire un escalier, nous avons décidé d'augmenter nos prix et nos délais : nous ne négocierons plus sur la qualité. » Une position qui semble lui réussir : pout les deux ans à venir, le carnet de commandes est plein avec pas moins de 27 chantiers prévus.

Un atelier d'excellence


Les Métalliers Champenois ont participé à la rénovation de la flamme de la Statue de la Liberté. Julien Legeard est le PDG trentenaire de LMC Corp. A.D

 Paterson, à 30 minutes de New York, dans le New jersey, une ville industrielle de 145.000 âmes. C'est là, dans un grand atelier de 2.000 mètres carrés, qu'on entend le bruit des marteaux, des scies ou des chalumeaux. Le décor extérieur et la dureté sur le visage de ces artisans contredisent la beauté des ouvrages qui tous les jours sont choyés entre les mains de ces hommes.

On est plutôt loin du clinquant de l'Upper East Side à New York, de Palm Beach à Miami ou de Berverly Hills en Californie, trois des endroits huppés où se concentre le marché de LMC Corp aux États-Unis. Sans parler de Hong Kong et Singapour. « Les clients pour lesquels nous travaillons ici n'existent pas en France. Souvent. ils n'ont pas qu'un appartement à New York, et lorsqu'on travaille pour eux, il n’est pas rare qu'ils nous demandent de faire quelque chose pour leurs autres résidences », confie William Peyny, le chef de l'atelier. Il est l'un des plus anciens de la société américaine, le mentor des jeunes, la clé de voûte grâce à qui « l'entreprise tourne », ajoute Julien Legeard, le PDG très reconnaissant.

« Beaucoup de patience »

C'est Jean Wiart qui a fait venir ce gamin de l'île de Ré aux États-Unis. C'était il y a vingt ans. Aujourd'hui, les cheveux virant au poivre et sel, il continue à noircir ses doigts sur le métal. Il est passé maître dans l'art du repoussage, une technique très ancienne, qui consiste à les déformer pour faire par exemple des feuilles d'acanthe, un motif ornementai très utilisé dans le style Louis XV et Louis XVI. Il peut passer parfois dix heures sur une seule pièce. « Tout est dans le bras et le poignet, on doit taper de manière très précise et faire preuve de beaucoup de patience pour ne pas bruler les étapes. On a vite fait de prendre une mauvaise position sur un marteau. »

Avec lui, vingt-neuf autres artisans, une cigarette à la bouche pour certains de ces experts, s'appliquent à faire briller, à souder, à forger, sous le visage de la Statue de la Liberté, enfin plutôt son moule en plâtre, accroché à l'un des murs de l'atelier. C'est un peu elle, symbole de l'amitié franco-américaine, qui a donné ses lettres de noblesse à l'entreprise, il y a trente ans au pays de l'Oncle Sam. Quelle que soit la destination de la commande, tout est fait ici, à Paterson, afin de ne laisser aucune place aux surprises sur des chantiers qui demandent déjà une précision d'horloger. Comme cet escalier hélicoïdal à rampe débillardée, dont les calculs ne s'informatisent pas. Les ferronniers ont dû revoir les dessins, réévaluer les charges et faire bien attention à ce que l'ouvrage puisse être démontable. « Un boulot de haute voltige », comme ils disent.

AD

Atelier Esperanto, l'atout de LMC Corp


Les ouvrages LMC sont « marqués » au poinçon. A.D.

Les Métalliers Champenois sont connus pour la réalisation des gros ornements intérieurs et extérieurs comme des rampes ou des portes. Mais au fil de ses années d'expérience dans l'artisanat d'art, .Julien Legeard a vu la demande pour le mobilier d'art grandir. Pour y répondre, il a créé L'Atelier Esperanto, en 2011, au moment du rachat de LMC Corp. Les deux sociétés travaillent en synergie pour une « très grande clientèle américaine, russe ou chinoise qui possède de très luxueux appartements ». Les marques comme Louis Vuitton, Chanel, ou Tiffany ont aussi fait appel à leurs services pour leurs boutiques

3 QUESTIONS à

WILLIAM PEYNY

 « On approche la perfection, si possible »

William PEYNY est chef d'atelier au sein des Métalliers Champenois Corp, à Paterson, dans le New Jersey.

*.- Vous travaillez au sein de LMC Corp depuis 20 ans. QueIIe a été la pièce dont vous avez été le plus fier ?

La porte au coin de la 79<Rue et de Lexington Avenue. C'était un vrai Challenge, car il a fallu utiliser beaucoup de machines spéciales pour arriver à étirer la fonte de bronze et réaliser parfaitement les détails. C'est aussi la seule porte d'un immeuble extérieure que nous avons pu réaliser à Manhattan, car les autres sont toutes classées. Pour cette commission, on a pu laisser libre cours à notre imagination. Je me suis inspiré des linteaux en mur de pierre. Nous avons passé près de 700 heures sur cette porte.

*.- Que faut-il  comme  qualité pour travailler dans Ia ferronnerie d’art ?

La précision du détail et de la patience. On va loin dans le fini, on approche la perfection, si possible. On passe d'un travail lourd et massif et à des travaux de décoration. À la fin, il faut toujours réfléchir à ce que l'ouvrage puisse se monter de manière intelligente, mais surtout qu'on puisse également l'acheminer dans une maison ou au 10' étage d'un building. Pour cela, on doit bien prendre en compte la taille de l'ascenseur, sinon c'est un levage à la grue, qui coûte très cher et qui n'est pas toujours possible. Je dis toujours que le temps perdu à la réflexion ne se rattrape qu'à la pose.

*.-  Pourquoi le métier de métallier n'est-il pas répandu aux Etats-Unis ?

 Aux États-Unis, il y a beaucoup de ferronniers, mais ce sont plutôt des artistes. Nous, on suit une méthode académique pour réaliser notre travail. On est en apprentissage en France. Il faut dix ans pour devenir un vrai ouvrier. Ici, il n'y a pas d'école et, en dix ans, les gens auront peut-être déjà exerce quinze métiers. Ce manque de main-d'œuvre qualifiée nous permet de mettre en avant notre savoir-faire unique. Mais comme les outils n'existent pas, pour le repoussage par exemple, je fabrique mes propres marteaux, mes tranches, les outils de mise en forme, à I’unité. Et personne d'autre ne les utilise.

Les REPERES

*.- LMC Corp. implantée à Paterson   

 Julien Legeard a fait déménager l'atelier et les bureaux à deux rues de l'entreprise originelle

*.- Les Métalliers Champenois de Paterson réunis avec ceux de Be2:annes ?

« Nous partageons le même nom, le même logo et les mêmes ambitions. Mon souhait est de nous voir rassemblés en nous référant à l'histoire de la société », explique le président de la corporation américaine.

*.- Le CHIFFRE

1 milIion de dollars. c'est ce qu'a coûté la restauration d'un portail de 12 m de haut pour une des résidences de M. Forbes à Miramar, en Floride.

*.- LMC Corp bientôt à YALE ?

Les artisans de LMC Corp pourraient travailler sur neufs portails réalisés dans la tradition de la ferronnerie américaine, pour l’Université de Yale (Connecticut). Réponse définitive à la rentrée 2014

*.- LA PHRASE

« Pour être un bon artisan, c'est trois (ms de frustration, un an de recherche et après ce n'est que du bonheur. »

William Peyny, chef d’atelier.

De notre correspondante à New York Anaïs DIGONNET

 Extrait de l' union du 29/11/2010     

  

    

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 Extrait de l' union du 11/06/2017     

  

    

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