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Les Champenois champions mondiaux du malt
Patrimoine Orge : la Marne en ordre de malt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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06/2000

 

 

 

Les Champenois champions   mondiaux du malt

D’un côté, le géant coopératif Vivescia, qui a investi l’aval dès les années 60. De l’autre, le groupe familial Soufflet, passé de grainetier   à premier collecteur français de céréales. Chacun pèse 10 % d’une filière confidentielle, mais à forte valeur ajoutée : le malt.


Première étape de la transformation de l’orge en malt: la germination, qui permet de casser l’amidon en sucres et les protéines en acides aminés.

Quand on pose une usine sur un port, ce n’est pas pour alimenter le marché intérieur. Et quand on l’agrandit, c’est parce que l’export se porte bien. Dès le départ, la malterie Malteurop de Geelong était un outil destiné à l’export. Située sur le plus important hub portuaire d’Australie, Geelong pour le vrac, Melbourne pour les containers, la malterie vient de passer de 80 000 à 200 000 tonnes de production annuelle (notre édition du 9 octobre). 200 000 tonnes, en théorie, cela suffirait à saturer un marché australien dont la consommation est d’environ 160000 tonnes par an.

L’AUSTRALIE, TROISIÈME BASSIN MONDIAL DE PRODUCTION D’ORGE DE BRASSERIE

Et il y a au moins deux autres malteries de taille équivalente en Australie. La plus grande, à Perth, est la propriété du groupe américain Cargill (plus de 114 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018). Située à l’extrême ouest de ce pays-continent de 14 fois la surface de la France métropolitaine, elle aussi est un outil d’exportation. Bon an, mal an, l’Australie produit environ 8 millions de tonnes d’orge, dont la moitié de qualité brassicole. Un million de ces tonnes sont transformées en malt en Australie, par Cargill, GrainCorp et Malteurop. Le reste prend le chemin des ports. Direction : l’Asie et ses marchés, émergents ou matures. La Chine, bien sûr, mais aussi le Vietnam ou le Japon. L’Australie est le troisième bassin mondial de production de malt. Le second est à cheval entre le Canada et les États-Unis. Le premier, un grand quart nord-ouest de l’Europe, couvre une partie de l’Allemagne, du Royaume-Uni, du Danemark et est centré sur la plaine champenoise. Ce n’est donc pas un hasard si les deux premiers malteurs commerciaux au monde sont en Champagne. Vivescia, le géant coopératif né de la fusion de Nouricia et de Champagne Céréales, et Soufflet, le Nogentais passé de graineterie familiale à premier collecteur français de céréales. Malteurop, la filiale malt de Vivescia Industries, produit 2,2millions de tonnes de malt avec l’extension de Geelong. Soufflet malt, la division spécialisée du groupe Soufflet, en produit 2,28millions de tonnes. AB InBev, le premier malteur mondial en volumes, environ 2,8 millions de tonnes, est également le premier brasseur (lire ci-dessous). Mais il consomme en interne l’intégralité de sa production.

LA DISTANCE NE FAIT PAS LE COÛT DU TRANSPORT”

L’orge de brasserie est une culture exigeante en termes climatiques. On n’en trouve que sur les bandes tempérées, d’un côté et de l’autre du globe. Ce n’est pas forcément là qu’on va la consommer. Qu’il s’agisse de Malteurop ou de Soufflet Malt, l’analyse est la même : la consommation de bière est liée au développement économique et au pouvoir d’achat. Dans les pays émergents, la bière est « un produit assez onéreux » , explique Christophe Passelande, directeur général de Soufflet Malt : « C’est un signe d’ascension sociale » . Dans les pays développés, la tendance est à la baisse de la consommation, malgré une légère reprise en 2017, qui devrait être confirmée en 2018. Mais « il ne faut pas craindre la baisse de la consommation en Europe » , développe Christophe Passelande, qui évoque l’investissement de Soufflet en Éthiopie, cette année : en Afrique aussi, la bière a un avenir. L’Asie du Sud-Est ? « On est tous d’accord que c’est une zone de croissance actuelle et future » , continue-t-il. Si, pour Malteurop, une partie des volumes sont originaires d’Australie, ce n’est pas le cas pour Soufflet Malt, pour qui l’export se fait surtout depuis l’Union européenne.« La distance ne fait pas le coût du transport, » argumente Christophe Passelande. L’origine Europe est compétitive parce qu’il y a un déséquilibre Est-Ouest dans les flux logistiques. En d’autres termes : il y a des containers vides dans les ports, qui ne demandent qu’une cargaison. « Ce qui fait le prix de la logistique, c’est l’offre de transport. »

Le marché de la bière à l’heure de la mondialisation

Chez Soufflet, comme chez Vivescia, la mondialisation est une réalité quotidienne. La brasserie n’a pas échappé aux grands mouvements de concentration capitalistique. Les cinq premiers acteurs du marché pèsent plus de la moitié du marché mondial.

Le leader mondial est le groupe belgo-mexicain AB InBev (Beck’s, Budweiser, Leffe, Jupiler, Corona…), qui a racheté en 2015 son principal concurrent, le Sud-Africain SAB Miller (Grolsch, Peroni, Miller, Pillsner Urquell…). Un achat qui lui a coûté une centaine de milliards d’euros mais qui lui permet de peser, désormais, près d’un tiers du marché mondial à lui tout seul et une soixantaine de milliards de chiffre d’affaires annuel. Derrière ce géant, deux Européens : Heineken(qui possède également Pelforth, Desperados ou Fischer) et Carlsberg(propriétaire de Kronenbourg). Les quatrième et cinquième mondiaux sont deux Chinois : China Ressources (Snow est la première marque au monde en volume et est presque exclusivement dédiée au marché chinois) et Tsingtao.

LE PHÉNOMÈNE « KRAFT ».FACE À CETTE MONDIALISATION, LES AMATEURS DE BIÈRE ARTISANALE NE SONT PAS SANS RESSOURCES. LA « KRAFT BEER », OU BIÈRE ARTISANALE, REPRÉSENTE AUJOURD’HUI UNE PART MINORITAIRE MAIS NON NÉGLIGEABLE DU MARCHÉ AMÉRICAIN, PAR EXEMPLE. MAIS, AU-DELÀ DES PARTS DE MARCHÉ, L’INTÉRÊT DE CE MOUVEMENT QUI GAGNE JUSQU’AUX PAYS ÉMERGENTS, EST DE FAVORISER L’APPARITION DE BIÈRES « PREMIUMS », QUI UTILISENT PLUS DE MATIÈRE PREMIÈRE, Y COMPRIS CHEZ LES GÉANTS DU SECTEUR.

L’AUSTRALIE ET LA SÉCHERESSE : UNE QUESTION D’ÉCHELLE

Après séchage, le malt est expédié aux brasseurs. Les germes sont destinés à l’alimentation animale.

Vue de la France, la sécheresse qui frappe les agriculteurs de l’État de Southern Australia peut sembler un handicap insurmontable pour un acteur comme Malteurop. C’est oublier à quelle échelle les choses se jouent dans ce pays-continent. L’Australie, c’est grand (quatorze fois la France métropolitaine) et il n’y a pas grand monde au kilomètre carré : 25 millions d’habitants, principalement sur les côtes à l’Est et au Sud-Est du pays. Du coup, une sécheresse pluriannuelle comme celle qui sévit actuellement dans une partie du pays peut très bien ne pas toucher un agriculteur comme Andrew Stoney, dans le Victoria (lire ci-contre), qui a noté que le printemps était sec, sans s’en inquiéter plus que cela.

DE L’ORGE DANS LES PLAINES DU VICTORIA


Christoph Büren, président de Vivescia, et Trevor Perryman, directeur de Malteurop pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, en discussion avec Andrew Stoney, un fournisseur de la malterie de Geelong.

Ici, tout est grand. Les distances comme les surfaces. Sur les routes, les lignes droites sont interminables et, dans les fermes, on compte en milliers d’hectares et de têtes de bétail. Andrew et Cathy Stoney exploitent une ferme de 2 000 hectares à Inverleigh, dans l’État australien de Victoria, et une autre plus petite, à peine 800 hectares, à Darlington, à une centaine de kilomètres à l’ouest. Ils font partie des 150 à 200 fournisseurs de la malterie de Geelong, aux portes de Melbourne, que Malteurop, la filiale orge de Vivescia industries, a fait passer de 80 000 à 200 000 tonnes de production annuelle (lire notre édition du 2 octobre). Tranquille et réfléchi, le fermier australien n’est pas timide avec les chiffres. 2 000 hectares, c’est grand, mais « ça devient typique » . À Inverleigh, la moitié de l’exploitation est destinée aux cultures et l’autre permet d’entretenir un cheptel de 17 000 black angus qui se reposent tranquillement à l’ombre des eucalyptus. Quant aux cultures : du colza, du blé et 60 % d’orge de brasserie. « En 2015, c’était très sec, on a fait deux tonnes d’orge à l’hectare, la diversification avec le bétail a aidé. » Pas d’OGM pour Andrew. « Je suis enregistré pour en faire, explique-t-il, mais avec les OGM, les livraisons sont difficiles. »Un peu poussé sur la question, il rajoute : « Je ne veux pas me retrouver avec des herbes résistantes (aux herbicides, NDLR)et des frais de transport plus élevés » . L’année dernière, la partie culture de la ferme d’Inverleigh a dégagé un chiffre d’affaires de 1 600 $ australiens à l’hectare (un peu moins de 1 100 €). Les coûts de culture (semences, assurance et intrants) sont de 600 $ (environ 400€) à l’hectare, hors frais de mécanisation : le couple de fermiers engage des prestataires pour les traitements et les moissons. En moyenne, il tombe 550 mm d’eau par an. Sauf en cas de sécheresse. Comme en 2006 et en 2015 et, dans ce cas, c’est l’assurance qui prend le relais. Dix silos de 1 400 tonnes permettent de stocker à la ferme. « L’orge de brasserie est ma culture la plus rentable » , note Andrew Stoney. Les rendements ? En moyenne, environ trois tonnes à l’hectare pour le colza, 6,5 tonnes pour le blé et 6 tonnes pour l’orge de brasserie. Une orge de brasserie intégralement livrée à la malterie de Geelong, qui a choisi de ne pas augmenter son nombre de fournisseurs. Le directeur de Malteurop pour cette région du monde, Trevor Perryman, explique simplement : « On parle aux mêmes personnes mais avec des nombres plus grands » .

Yann TOURBE 

Extrait de l'union du 23/10/2018

    

     

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Patrimoine Orge : la Marne en ordre de malt 

 Premier département producteur d'orge, la Marne est aussi une championne pour la fabrication du malt, de l'orge germée artificiellement qui entre dans la composition de la bière et du whisky. Filiale du groupe agro-industriel Siclaé dont Champagne Cétéates est l'actionnaire majoritaire, Malteurop est d'ailleurs devenu le n°1 mondial. Explications

  
Que la région cultive 40% de la production nationale d'orge (environ 10 millions de tonnes annuelles dont 3,5 à 4 millions de tonnes d'orge de brasserie n'a rien d'un hasard.

« C'est une terre bénie des Dieux pour cette céréale » aime à dire en fin connaisseur Alain Le Floch, président de Malteurop. « Avec un solde grande qualité, un climat tempéré, des écarts de température maîtrisés et un apport d'eau modéré et régulier, la région rempli ttoutes les conditions pédoclimatiques nécessaires à la culture de l'orge » souligne-t-il. Et qu'elle ait produit les deux premiers champions mondiaux du malt, à savoir le marnais Malteurop (2,2 millions de tonnes de malt) et le groupe familial aubois Soufflet (1,5 million de tonnes de malt), n'a rien d'un hasard non plus. La conjugaison d'un terroir, d'un savoir-faire et des deux grands marchés proches que sont la Belgique et l'Allemagne explique cette situation. C'est un cas relativement unique » analyse Alain Le Floch.

Conquête du monde

« A Bazancourt près de Reims, d'antiques silos à grains de quelques 5000 ans ont montré que la culture des céréales, orge comprise, se pratique depuis des temps immémoriaux dans la région champenoise. Mais ce n'est qu'à partir du milieu des années cinquante que cette culture « très technique » s'est  considérablement  développée. « Dès que les chevaux ont disparu du paysage, l'orge a remplacé l'avoine » se rappelle Dominique Dutartre, directeur général adjoint de Champagne-Céréales. Très vite cependant, les agriculteurs fédérés en coopératives ont compris que la transformation seule pouvait apporter une véritable valeur ajoutée à leur travail.

Les agriculteurs se sont donc faits également malteurs. « La transformation de l'orge en malt vise à favoriser le développement d'enzymes utiles pour la fermentation en brasserie. On ne fait qu'accélérer le processus  naturel  » explique Alain Le Floch. Il faut entre 8 et 10 jours. L'orge doit d'abord tremper dans l'eau entre 2 et 3 jours pour favoriser l'éclosion de  la graine. C'est ensuite durant 4 à 5 jours l'étape du développement du germe ou germination puis, ultime étape, celle du " touraillage ". Les germes passent daus une sorte d'étuve géante à 8°. La graine germée est séchéa et tout le processus enzymatiques bloqués. Livré sous forme de grains le malt concoure à la fabrication de la bière comme du whisky. Le malt produit par Maheurop couvre d'ailleurs 70 % des besoin nord-améncains en bourbon. « Sept verres sur dix sont faits avec du malt f rançais  » se félicite Alain Le Floch.

Une malterie à proximité de la matière première et d'un port, une contractualisation des rapports avec les agriculteurs : en cinquante ans le modèle économique inventé par les coopérateurs marnais et auboi à conquis le  monde, jusqu'à  la  Chine où depuis 2000 et avec deux usines Maltetirop reste le seul malteur non chinois. Si le marché mondiale de la bière continue de progrèsser de 2 à 3 % par an. notamment grace à l'empire du Milieu, les grands malteurs champenois se tournent aussi vers la transformation du malt en ingrédients pour l'industrie alimentaire (panification.  biscuiterie, chotolaterie...) Déjà second mondial derrière le britannique Muntons. Malteurop affiche son ambition de devenir à son tour le n° 1.

 

Par Dominique Charton

Extrait de mag'info N° 52 du 27/08/2011

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