L'église Notre Dame 

EPERNAY (51)
 

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 Notice de l'église Notre Dame

Photos de la visite du 05/2009

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Visite avec

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05/2009  

L'église Notre Dame

La première pierre de cette église fut posée le 19 mai 1898. Les ,travaux furent achevés en Juin 1915. Dans la nuit du 2 au 3 mai 1917, les bombardements endommagent les vitraux Renaissance, et, l'année suivante, la substructure, les voûtes de la grand nef et une partie de la façade principale sont anéanties par les bombes.

Reconstruite dès 1922, elle fut consacrée le 13 avril 1921· par Monseigneur Tissier, évêque de Châlons.

Caractéristiques historiques et architecturales

Erigée sur l'emplacement du couvent des Ursulines, l'église, construite par Selmersheim, l'architecte des monuments historiques, se caractérise par un style de transition, emprunté à Saint Yved de Braine avec des détails modernes  adaptés de l'église d'Orbais. L'extérieur s'inspire du roman et l'intérieur du gothique primitif (ogival).

Oeuvres d'art

- vitraux : vitraux Renaissance (surtout dans l'abside). Principaux cycles (souvent incomplets) : vie de Saint Remy - vie de Saint Augustin - cycle de la Vierge ; la verrière de Noé (avec des scènes de vendanges) ; les noces de Pélagie (légende apocryphe d'origine manichéenne) ; le vitrail de la Passion ; le vitrail de la Création ; la charité de Saint Martin ; l'arbre de Jessé ...

- peintures : citons une copie d'époque d'Andréa Vaccara : la conversion de la Madeleine ; une peinture du XVIII° siècle : Sainte Geneviève gardant ses moutons (toutes deux classées) ; la décollation de Saint Christophe, oeuvre de Léonello Spada, artiste bolonais du XVII° siècle.

- sculptures : une statue de Notre-Dame du XII° siècle ou début XIII° siècle qu'on croit être une statue originale de Notre-Dame de Paris.

- à remarquer : les grandes orgues de Cavaillé-Coll offert par Paul Chandon de Briailles en 1869 (M.H), la pierre tombale de l'abbesse d'Argensolles (M.H) Margueritte de Chateaulvillain (1351).

Dimensions

Hauteur totale : 83 m 80

Largeur au niveau de la nef : 19 m 20 et 28 m à partir du transept vers l'abside

Longueur : 73 m

Surface mise en oeuvre : 1 898 m2

Dans le clocher : une cloche du XV° siècle (offerte en 1491) ; poids : 2000 kgs sonorité : do grave ; inscription gothique.

Les vitraux Renaissance de l'Eglise Motre-Dame

La carence de documents tangibles tant relatifs à l'abaye Saint-Martin qu'aux vitraux eux-mêmes nous conduit à nous interroger sur la suite de verrières que renferme l'actuelle église Notre-Dame. Nous ignorons, par exemple, s'il existait antérieurementau XVI° siècle, des vitraux d'époque romane ou d'époque gothique.

Toutefois, pour avancer quelque peu dans nos interrogations, dans nos supputations, nous pouvons nous référer à deux documents qui évoquent les vitraux Renaissance d'Epernay.

Le premier document est l'oeuvre du châlonnais Auguste Nicaise qui, compilant des manuscrits sparnaciens, mis à sa disposition par la municipalité d'Epernay d'alors, produisit un ouvrage intitulé : " Epernay et l'abbaye Saint-Martin ", publié en 1869 chez l'éditeur-libraire châlonnais J.L. Le Roy. Cet ouvrage a été retiré en " reprint ", il y a quelques années par une maison d'édition marseillaise, permettant au grand public de découvrir partiellement les hauts faits civils et religieux sparnaciens.

La partie consacrée à l'Abbaye Saint-Martin comprend divers éléments, tels l'obituaire, le cartulaire, la liste des abbés de Saint-Martin, ainsi qu'en l'espèce, une liste des vitraux qui agrémentaient au XVI° siècle, l'abbaye.                                                                                       Or, cette liste est une reproduction presque fidèle de notes diverses relatives à l'abbaye, incluses dans le manuscrit 88 du fonds ancien de la bibliothèque municipale d'Epernay, original rédigé par Georges Montgérard, prieur de l'abbaye au XVII° siècle, et annoté par Bertin du Rocheret, vraisemblablement lors de son acquisition au siècle suivant.

Cette liste nous informe, mais de façon fragmentaire, sur la présence des vitraux à l'époque de la Renaissance française. On recensait alors 21 vitraux ou suite de vitraux, répartis de droite à gauche du choeur neuf, commencé en 1520, et en deux chapelles. A main droite, on trouvait quatre verrières illustrant la Création (du Monde) et la Passion (du Christ) ; les vies de Saint Martin et de Sainte Barbe. A main gauche, trois autres verrières se rapportant à Saint Augustin, Notre-Dame et Saint Julien. Puis, on trouvait également dans et auprès de la chapelle de Sainte Geneviève, quatre vitres ou verrières ayant trait à la Résurrection de Lazare (dite encore vitre de la Madeleine), Sainte Geneviève bien sûr, l'arbre de Jessé - généalogie symbolique d'Israël - et enfin Noël selon  Nicaise,  mais c'est peut-être Noë qu'il faut lire. Dans la chapelle de la Résurrection, se trouvaient également quatre vitres ou verrières, se rapportant à Saint Jean, Sainte Catherine, Saint Thomas et l'Empereur Ottoman (appelée aussi vitre de la Sybille).

En sus, on recensait aussi " six vitres hautes blanches ", disposées au-dessus des chaires du nouveau choeur, où étaient représentés, deux par deux les Douze Apôtres.

Le procédé de l'émaillage

L'abbé Gillet qui fut en son temps curé de Notre-Dame, a consacré aux vitraux de l'église sparnacienne, un ouvrage paru à Epernay en 1965, auquel nous nous sommes référé.

Et, dans cet ouvrage, l'abbé Gillet indique excellement l'évolution du travail des verriers pour élaborer les vitraux, distinguant une période, qui court jusqu'au XIV° siècle, périodedes mosaïques transparentes, bardées de plomb, avec l'emploi intensif du bleu, puis de la grisaille, du jaune à l'argent et de la sanguine.

Ensuite, conséquemment à la maîtrise du temps, de véritables tableaux, souvent inspirés de grands maîtres se substituent aux verrières proprement dites, accompagnées d'une atténuation sensible des lignes de plomb.

Enfin, une troisième période se dessine, au XVI° siècle précisément, avec l'apparition du procédé de l'émaillage, qui augmente le " rendu " des scènes mais nécessite un soutien de plomb amplifié, à cause de la réduction de l'épaisseur du verre utilisé. Les vitraux d'Epernay se rattachent, en majorité, à cette dernière période.

Pérégrinations des vitraux d' Epernay au XVI° siècle

Si les notes de l'Abbaye ne nous permettent pas de préciser la paternité des vitraux sparnaciens, elles nous renseignent toutefois sur la période d'élaboration des dits vitraux.

Si l'on excepte la désignation d'un vitrail représentant Saint Martin, donné àl'établissement religieux vers 1469, et qui semble avoir été détruit au XVI° siècle, une grande série de vitraux prit place en l'église, elle-même réaménagée, de 1520 à 1540.

Ainsi la reconstruction du choeur fut commencée sous le commandantariat de l'evêque Denis Briçonnet en juin 1520, tandis que l'édification de la nef, et du portail Saint Martin, débuta en juillet 1540, sous l'abbatial de Philippe de Lenoncourt.

En outre, sous l'effet de la réformation victorine, ou remise en ordre religieuse de l'abbaye, une série supplémentaire, connue sous la désignation des " Noces de Pélagie ", avec au surplus les verrières de Sainte Catherine et Saint Jean-Baptiste, fut adjointe à l'embellissement de l'église, et ce vers 1 550 (?).

On remarquera que la majorité des vitraux fut offerte par les religieux eux-mêmes, qui dotaient l'abbaye lors de leur profession de foi, en préliminaire à leur ordination ou prêtrise.

Mais tout cet effort architectural et religieux fut hypothéqué par divers événements.

Ainsi, le 3 septembre 1544, François 1er donne l'ordre d'embraser la ville. Il semble toutefois que l'église abbatiale et paroissiale fut épargnée dans l'incendie général. En 1567, les huguenots du Prince de Condé saccagent l'édifice cultuel et tentent de l'incendier.

L'année suivante, le 26 mars 1568, les vitres de la Passion et de Saint Martin (s'agit-il du vitrail évoqué plus haut ?), furent brisées par le vent.

Toujours au XVI° siècle, en 1592, Epernay est assiégée tour à tour par la Ligue et par les royalistes, avec à leur tête Henri IV lui-même, ce qui multiplie les risques de dommages par les nombreux coups de canon tirés sur la ville.

Vicissitudes dans les siècles suivants

En 1749, par faute d'entretien déjà, le bas-côté nord de l'église s'écroule. Puis à la Révolution, l'église Notre-Dame est convertie en magasin de fourrage, après avoir servi d'édifice public pour y célébrer le culte de la Raison. Est-ce à cette époque que les vitraux illustrant la vie de Saint Remy, qui se trouvaient en l'église du même nom - démolie en 1795 - furent transférés en l'église paroissiale ? Peut-être, comme certains biens de l'abbaye d'Argensolles.

En 1806, un perruquier sparnacien du nom de Neveux avait occulté " six vitraux de (sa) hauteur dans une croisée de l'église, donnant sur la sacristie ", ce qui nécessita l'intervention de l'administration municipale, pour leur rétablissement.

Mais le plus grand dommage pour le mobilier religieux et artistique de l'église Notre-Dame, intervint en 1824 quand les voûtes du choeur de 1520 s'écroulèrent après un office matinal. Cette dégradation emporta la décision de démolir la vieille abbatiale et d'y substituer un nouvel édifice. Hélas, les travaux de démolition et de reconstruction furent le théâtre de malfaçons, d'imprécisions et de dommages irréversibles pour ces témoignages du passé d'Epernay, et particulièrement pour le mobilier religieux et le portail Saint-Martin, qui avait déjà souffert à la Révolution.

Les vitraux furent déposés en ignorant les mesures de sécurité les plus élémentaires,dans des caisses et des tonneaux à vins de Champagne ! L'abbé Gillet dans son ouvrage précité, reproduit la consternation et l'indignation de l'archéologue régional Didron devant de si lamentables pratiques.

Dans un manuscrit conservé à la bibliothèque municipale d'Epernay, relatif aux établissements religieux sparnaciens, son auteur, le professeur de dessin Pierre Saint-Ange Poterlet fait écho à cette indignation en écrivant qu'il faut reporter à cette " époque d'incurie  et de dispute, l' horrible mutilation qu'on a fait subir aux vitraux " et poursuivant, il indique qu'il ne reste plus guère alors " que des sujets défigurés et confondus les uns dans les autres " (ces lignes furent écrites en 1842 !).

Il est possible que dans cette trouble période, certains vitraux soient disparus (en particulier le vitrail de l'Empereur Ottoman ou de la Sybille ?). Dans le même ordre de suppositions, c'est peut-être à cette époque que furent installés les vitraux de SaintRémy (?). Un inventaire de ce temps indique qu'on trouvait, au bas-côté droit de l'église,six verrières, une supplémentaire sous le portail droit, et le même nombre pour le bas-côté et le portail gauches.

D'autres vicissitudes contemporaines

En 1892, un nouvel effondrement de l'édifice " retapé ", dû à un mauvais fonctionnement du chauffage, accéléra la décision de reconstruire, une fois encore, un nouvel édifice religieux, et conséquemment celle du transfert des vitraux.

Un projet d'église Renaissance, présenté par Deperthes, l'architecte de l'église Saint Pierre Saint Paul et de la chapelle de l'hôpital Auban-Moët, qui devait s'harmoniser avec les styles "roman" et "gothique" de ces deux autres églises, n'aboutit point à la suite du décès de cet architecte. Son successeur, Selmersheim, aussi architecte des monuments historiques, conçut des fenêtres adaptées pour les vitraux Renaissance, de concert avec l'abbé Quittât, curé de la paroisse Notre-Dame.

La dépose des vitraux eut lieu en 1909, sous le contrôle des Monuments Historiques - car les vitraux avaient été classés dès le 23 octobre 1908 - aux frais de la ville d'Epernay. Restaurés, ils furent ensuite reposés en la nouvelle église Notre-Dame, sous la conduite et aux frais de l'administration des Beaux-Arts. On y ajouta des vitraux modernes, réalisés aux frais de la Fabrique.

Mais leurs vicissitudes ne s'arrêtèrent pas là. Lors du bombardement de la ville d'Epernay par l'aviation allemande, dans la nuit du 3 au 4 mai 1917 " les 36 verrières classées furent atteintes par des projectiles ou enfoncées par le déplacement d'air ", ainsi que les vitraux et rosaces modernes, l'ancienne verrière des fonts baptismaux et lesvitraux de la chapelle funéraire.

Les verrières classées furent déposées encore, sous la responsabilité des Beaux-Arts, en 8 caisses, dans le sous-sol voûté de l'église, puis transférées à Dijon le 29 juin 1918 et dirigées ensuite vers Paris pour y être restaurées. Leur restauration fut conduite et réalisée par le peintre-verrier parisien Edmond Socard, selon un marché de 1920, conclu avec l'architecte Piquart, concepteur par ailleurs de certains édifices sparnaciens (Caisse d'Epargne, Lycée de Garçons ...) et chargé de la restauration de l'église mutilée  (écroulement de la nef en 1916 par bombardements, etc ...).

Et, c'est dans l'atelier Socard que survint un incendie en 1922, qui détruisit trois vitraux d'origine : " La Création de la Femme ", " Les Noces de Pélagie " (partiellement ?) et " Le baptême de Saint Augustin ", alors qu'ils venaient d'être " restaurés ".

Heureusement, il existait des épreuves photographiques de ces vitraux, ce qui permit la reconstitution de ces oeuvres d'art et de foi. Mais cette reproduction des vitraux disparus apparaît comme une pâle copie, qui nous fait regretter la perte des originaux.

On ajoutera à ce sujet, qu'un autre vitrail dit de la Passion ou encore des Vicaires, a été 'reconstitué par Socard, l'original ayant vraisemblablement disparu avec les trois autres précités. On précisera également que " Le Baptême de Saint Augustin " qu'on ne retrouve plus dans l'église actuelle, n'a vraisemblablement pas été reconstitué, à moins qu'il ne fût " disparu " auparavant.

C'est ce malheureux peintre-verrier qui reposa tous les vîtraux en l'église. En outre, et sur la demande du curé de Notre-Dame, l'abbé Royer, Edmond Socard exécuta diverses fenêtres et oculi, dans le style ancien. Ce sont les 7 fenêtres en haut de l'abside actuelle,qui représentent le Couronnement de la Vierge et les Douze Apôtres (chaque fenêtre mesurant 4m50 de haut) ; les 7 oculi de la nef, mesurant 1m20 ; et 4 fenêtres de 3m54,représentant les vies de Saint Eloi, Saint Fiacre, Saint Vincent et les miracles de Saint Martin, situées dans les bas-côtés de l'église, voisines des chapelles baptismale et funéraire.

Des précautions rationnelles furent prises par les Beaux-Arts, lors et après la seconde guerre, conduisant à une restauration et une conservation habiles des vitraux qui demeurent trop méconnus encore, de nos jours, bien qu'étant, malgré leurs mutilations, de prestigieux témoignages d'une époque florissante en prouesses techniques, en beauté des dessins, en chatoiement harmonieux des couleurs.

Nous ajouterons que, seuls les vitraux Renaissance, appartiennent à la ville d'Epernay, au titre de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat, et des dispositions de 1908 sur la séquestre des biens religieux, tandis que les autres vitraux, rosaces et oculi demeurent à la charge de la Fabrique.

Francis LEROY

Ville cTEpernay - Direction des Archives et du Patrimoine Historique
         79 rue des Jancelins - 51200 EPERNAY - tel 03.26.55.72.00

 

   

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